La récession gingivale esthétique se traduit par un déchaussement visible des dents qui paraissent « longues » et expose la racine dans la zone du sourire. Au-delà de la sensibilité dentaire au froid qu’elle provoque, c’est l’asymétrie du contour gingival qui affecte la confiance en soi de nombreux patients. Les techniques chirurgicales modernes permettent aujourd’hui de retrouver une ligne gingivale harmonieuse.

Récession gingivale esthétique : reconnaître le problème
Une récession gingivale est une migration apicale du collet gingival, exposant le cément radiculaire normalement protégé. Selon la classification de Cairo (2011), on distingue les récessions RT1 (sans perte interdentaire), RT2 (perte modérée) et RT3 (perte sévère). Seules les RT1 et RT2 sont totalement réparables sur le plan esthétique.
- Dents qui paraissent plus longues que les voisines.
- Liseré jaune visible (le cément) au-dessus de l’émail blanc.
- Triangles noirs entre les dents (perte des papilles interdentaires).
- Asymétrie de la ligne du sourire entre côté droit et gauche.
Distinguer récession et déchaussement parodontal
La récession peut être isolée (un brossage trop énergique, un frein labial traumatique) ou s’inscrire dans une atteinte parodontale plus large. Une maladie parodontale active doit toujours être maîtrisée avant tout geste esthétique : opérer sur un terrain inflammatoire compromet le résultat.
Les causes principales : trois grandes familles
Les récessions résultent généralement de l’addition de plusieurs facteurs. Identifier la cause prédominante est indispensable avant de proposer une chirurgie, faute de quoi la récession récidivera dans les 2 à 3 ans.
- Mécaniques : brossage horizontal trop appuyé, brosse à poils durs, piercing labial, bruxisme.
- Anatomiques : biotype parodontal fin, malposition dentaire (vestibulo-version), frein labial inséré trop haut.
- Inflammatoires : maladie parodontale chronique, tabac, hygiène insuffisante, des gencives qui saignent régulièrement.

Pourquoi consulter rapidement
Une récession non traitée progresse lentement (0,2 à 1 mm par an) et expose la racine aux caries cervicales, plus difficiles à restaurer. Plus le geste est précoce, plus le pronostic esthétique est favorable : un recouvrement complet à 100 % reste possible sur une récession RT1 récente.
Les solutions thérapeutiques : du conservateur au chirurgical
Le plan de traitement est toujours personnalisé selon la classification, le biotype et les attentes esthétiques. Plusieurs options coexistent, parfois combinées dans le cadre d’une approche smile design globale.
Approche conservatrice : modifier les facteurs déclenchants
Pour les récessions débutantes, modifier le geste de brossage (technique Bass modifiée, brosse souple), arrêter le tabac et porter une gouttière nocturne en cas de bruxisme suffit parfois à stabiliser le défaut. Une obturation cervicale en composite de teinte gingivale peut masquer la racine exposée sans chirurgie.
Greffe gingivale : la référence chirurgicale
La greffe de tissu conjonctif enfoui reste la technique de choix. Un greffon prélevé au palais est positionné sous un lambeau positionné coronairement, recouvrant la racine. Le taux de recouvrement complet atteint 85 à 95 % sur les classes RT1 selon les méta-analyses (Cairo 2014, Tavelli 2018). L’intervention dure 60 à 90 minutes sous anesthésie locale.
- Greffe épithélio-conjonctive (Sullivan) : épaississe la gencive sans recouvrement esthétique.
- Greffe de conjonctif enfoui : référence pour le recouvrement esthétique sur dent antérieure.
- Matrice de collagène (Mucograft, Geistlich) : alternative sans prélèvement palatin, suites simplifiées.

Suites opératoires et résultat final
Les suites d’une greffe gingivale sont modérées : œdème palatin 5 à 7 jours, alimentation tiède et molle pendant 15 jours, ablation des points à 10 jours. Le résultat final s’évalue à 6 mois, lorsque la maturation des tissus est complète. Une protection par gouttière thermoformée peut être proposée la première semaine.
Dans certaines situations combinant récession et usure cervicale, une greffe gingivale peut être complétée par des facettes dentaires en céramique ou des composites de bonding pour parfaire le rendu. À l’inverse, une gingivoplastie sera proposée si le défaut est inverse (gencive trop abondante).
Questions fréquentes
La greffe est-elle douloureuse ?
Le geste lui-même est indolore sous anesthésie locale. Les suites sont gérables avec du paracétamol pendant 3 à 5 jours. La principale gêne provient du site de prélèvement palatin, soulagée par un plateau de Stenz protecteur posé en fin d’intervention.
Combien coûte une greffe gingivale en 2026 ?
Une greffe gingivale unitaire coûte 600 à 900 € en France, hors prise en charge esthétique. La sécurité sociale ne rembourse pas l’indication esthétique pure ; les mutuelles haut de gamme couvrent partiellement (200 à 500 €). Un devis détaillé reste indispensable avant le geste.
La récession peut-elle revenir après greffe ?
Si la cause initiale n’est pas corrigée (brossage agressif, tabac, parodontite non stabilisée), la récidive est possible à 5-10 ans dans 10 à 15 % des cas. Le contrôle annuel de la stabilité parodontale et un suivi de l’hygiène sont la meilleure assurance.
Information à caractère général rédigée par le Dr Selim Ouakkel, chirurgien-dentiste. Cet article ne remplace pas une consultation au cabinet : seul un examen clinique permet d’établir un diagnostic et un plan de traitement adaptés à votre situation.
