Maladie parodontale : stades, traitements et comment stopper la progression

La maladie parodontale est l’une des pathologies bucco-dentaires les plus répandues en France : selon la Haute Autorité de Santé, plus de la moitié des adultes de plus de 35 ans présente une forme de maladie parodontale, et 10 % souffrent d’une forme sévère. Pourtant, elle reste souvent méconnue et diagnostiquée tardivement, car elle évolue sans douleur pendant des années. Dans cet article, nous vous expliquons les stades de la maladie, les traitements disponibles et, surtout, comment stopper sa progression avant qu’elle n’entraîne la perte des dents.

Maladie parodontale — examen des gencives par le dentiste avec sonde parodontale

Maladie parodontale : définition et mécanisme

La maladie parodontale est une infection bactérienne chronique qui affecte les tissus de soutien de la dent : la gencive, le ligament alvéolo-dentaire, le cément et l’os alvéolaire. Elle est provoquée par les bactéries présentes dans le tartre et la plaque dentaire, qui déclenchent une réaction inflammatoire. Si cette inflammation n’est pas contrôlée, elle détruit progressivement les structures osseuses et ligamentaires qui maintiennent les dents en place. La maladie évolue en deux grands stades : la gingivite (atteinte réversible des seules gencives) et la parodontite (atteinte irréversible de l’os et du ligament).

Facteurs de risque à connaître

Certains facteurs augmentent significativement le risque de développer une maladie parodontale. Le tabac est le facteur de risque le plus documenté : les fumeurs ont 5 à 7 fois plus de risque de développer une parodontite sévère, et leur réponse aux traitements est moins favorable. Le diabète mal équilibré fragilise les défenses immunitaires et aggrave l’inflammation gingivale. Les facteurs génétiques jouent également un rôle : certaines personnes sont biologiquement plus susceptibles à cette maladie, indépendamment de leur hygiène bucco-dentaire. Enfin, le stress chronique, certains médicaments (immunosuppresseurs, antihypertenseurs) et les variations hormonales (grossesse, ménopause) sont des cofacteurs reconnus.

Les stades de la maladie parodontale

La classification internationale de 2017 (Tonetti et al., Journal of Clinical Periodontology) distingue quatre stades de parodontite selon la sévérité de la destruction tissulaire. Le stade I correspond à une parodontite légère avec perte osseuse inférieure à 15 % et poches parodontales peu profondes (4-5 mm). Le stade II correspond à une parodontite modérée avec perte osseuse de 15 à 33 %. Le stade III implique une perte osseuse sévère pouvant atteindre le tiers apical des racines. Le stade IV, le plus grave, s’accompagne d’une atteinte fonctionnelle : mobilité dentaire, déplacements, voire perte de dents. Un détartrage régulier bi-annuel est le premier geste de prévention pour ne jamais progresser vers ces stades avancés.

Signes cliniques à ne pas ignorer

  • Gencives qui saignent au brossage ou spontanément
  • Gencives rouges, gonflées ou qui se rétractent (récession gingivale)
  • Dents qui semblent s’allonger (exposition des racines)
  • Sensibilité dentaire accrue au chaud, au froid ou aux acides
  • Mobilité d’une ou plusieurs dents
  • Mauvaise haleine persistante malgré une bonne hygiène
  • Espaces nouveaux entre les dents (diastèmes)
Stades de la maladie parodontale — de la gingivite à la parodontite avancée

Traitements parodontaux : ce que nous faisons au cabinet

Le traitement de la maladie parodontale est gradué selon le stade atteint. Au stade de gingivite, le traitement repose uniquement sur un détartrage professionnel complet et la correction de l’hygiène bucco-dentaire — avec un taux de guérison de quasiment 100 % si ces mesures sont appliquées correctement. Aux stades I et II de parodontite, le traitement étiologique (ou traitement parodontal non chirurgical) comprend un détartrage supra et sous-gingival, suivi d’un surfaçage radiculaire : on nettoie mécaniquement la surface des racines pour éliminer le biofilm bactérien incrustant et permettre à la gencive de se rattacher. Ce traitement est réalisé sous anesthésie locale pour votre confort.

Chirurgie parodontale : quand est-elle nécessaire ?

Aux stades III et IV, lorsque les poches parodontales dépassent 6-7 mm et que le surfaçage non chirurgical n’a pas suffi à les réduire, une chirurgie parodontale peut être indiquée. Le lambeau parodontal permet d’accéder chirurgicalement aux surfaces radiculaires profondes pour les décontaminer. Dans certains cas, des techniques de régénération tissulaire guidée (RTG) permettent de reconstruire partiellement l’os perdu. Ces interventions se font en ambulatoire, sous anesthésie locale, avec des suites opératoires légères (œdème modéré, 3 à 5 jours de récupération). Si la perte dentaire est déjà avancée, un implant dentaire peut être envisagé après assainissement parodontal complet.

Après le traitement : la maintenance parodontale

La parodontite est une maladie chronique — elle ne se guérit pas, elle se contrôle. Après le traitement actif, une maintenance parodontale régulière est indispensable pour prévenir les récidives. Elle consiste en des séances de contrôle et de nettoyage professionnel tous les 3 à 6 mois selon le stade initial et la réponse au traitement. L’hygiène interproximale quotidienne (brossettes interdentaires ou fil dentaire) est aussi essentielle que le brossage lui-même pour maintenir les résultats obtenus. La sensibilité dentaire qui accompagne souvent la récession gingivale parodontale peut être traitée en parallèle par application de vernis fluorés ou désensibilisants.

Traitement parodontal — détartrage et surfaçage radiculaire en cabinet dentaire

Questions fréquentes

La maladie parodontale est-elle contagieuse ?

Les bactéries responsables de la parodontite peuvent se transmettre par la salive (embrasser, partager des couverts), mais la maladie elle-même ne se « transmet » pas : ce sont les défenses immunitaires et les facteurs de susceptibilité génétique de chaque individu qui déterminent si une infection bactérienne évolue en parodontite. Il est néanmoins conseillé de ne pas partager les ustensiles de brossage au sein d’une même famille.

Peut-on perdre des dents à cause d’une maladie parodontale ?

Oui. La maladie parodontale est la première cause de perte dentaire chez l’adulte, devant les caries. Aux stades avancés (stades III et IV), la destruction osseuse peut rendre les dents mobiles au point qu’elles doivent être extraites. C’est pourquoi un diagnostic et un traitement précoces sont déterminants pour conserver ses dents toute sa vie.

Le traitement parodontal est-il remboursé ?

Le bilan parodontal et le détartrage sont pris en charge par l’Assurance Maladie selon des conditions tarifaires définies (deux séances de détartrage par an maximum, tarifs conventionnés). Le surfaçage radiculaire est remboursé sous certaines conditions (stade validé par sondage parodontal documenté). La chirurgie parodontale et la régénération osseuse sont partiellement remboursées. Votre mutuelle peut compléter la prise en charge selon votre contrat.

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